Perceval dans Kaamelott

Perceval

Mais moi, j’m’en fous des honneurs, rien à péter, le Graal aussi, rien à péter. Moi, c’est Arthur qui compte. Moi je suis pas un as de la stratégie ou du tir à l’arc, mais je peux me vanter de savoir ce que c’est que d’aimer quelqu’un.
Moi, la canne, ça m’aide. Je visualise le caillou dans l’eau, j’ai l’impression de faire partie d’un tout, moi, le caillou, le fil, le lac, le ciel, c’est entier, vous comprenez ? C’est bien fini. C’est pour ça, moi je me dis, c’est dans ces moments-là qu’on peut bien comprendre des trucs. Vous me prenez pour un con, non ?

Arthur Pendragon

(À Anton) Je parle moins maintenant, je terrasse plus mes ennemis par l'éloquence. Plus je vieillis plus je ferme ma gueule. Aujourd'hui ce qu'il me faudrait c'est le médaillon Harpocrate avec le doigt sur la bouche comme ça. Je suis désolé de jamais être revenu vous voir.
Arthur Pendragon Le garçon qui criait au loup, Livre V
Pour le Graal, j’ai bâti une forteresse, moi. Kaamelott, ça s’appelle. J’ai été chercher des chevaliers dans tout le royaume. En Calédonie, en Carmélide, à Gaunes, à Vannes, aux Pays de Galles. J’ai fait construire une grande table, pour que les chevaliers s’assoient ensemble. Je l’ai voulue ronde, pour qu’aucun d’entre eux ne se retrouve assis dans un angle, ou en bout de table. C’était compliqué, alors j’ai essayé d’expliquer ce qu’était le Graal, pour que tout le monde comprenne. C’était difficile, alors j’ai essayé de rigoler pour que personne ne s’ennuie. J’ai raté, mais je veux pas qu’on dise que j’ai rien foutu, parce que c’est pas vrai.
Arthur Pendragon Le retour du Roi, Livre V
Qu'est-ce que c'est que quelqu'un qui souffre et qui fait couler son sang par terre pour que tout le monde soit coupable ? Tous les suicidés sont le Christ. Toutes les baignoires sont le Graal...
Arthur dans Kaamelott
Guenièvre dans Kaamelott

Guenièvre

(Parlant de la tentative de suicide d'Arthur)
Le sang qui vous manque, moi je l'ai vu, hein. [...] Le sang qui vous manque, je l'ai vu. Je dors avec ma mère maintenant, en Carmélide, toutes les nuits. Parce qu'à chaque fois que je ferme les yeux, je vois tout le sang qui vous manque par terre, avec vos coupures au poignet, et puis vos yeux vides... Alors, vous m'avez jamais avoué que vous vous étiez marié une première fois, hein, mais ça, vous me l'avez laissé voir. [...] Oh si, si, si, si. Y'en a, d'autres, hein, des moyens de se buter. Se jeter du haut d'une falaise, par exemple, ça, ça emmerde personne. Mais vous, c'est pas ça que vous avez fait. Vous vous êtes ouvert les veines dans un bain que j'avais moi-même fait couler.
Guenièvre Dies Irae, Livre VI

Méléagant

Mais je pensais que vous auriez trouvé une petite clairière… avec un ruisseau. Les tocards prennent toujours leur retraite près d’un ruisseau, à cause de la soif. Pourtant une retraite, c’est une retraite de tout, ne croyez-vous pas ? Moi, quand j’ai plus rien à faire ici, je me retire… Plus une goutte d’eau. Plus un rayon de soleil. Je me dessèche, de la tête aux pieds, en un petit cadavre sous un tas de feuilles… Les saisons me survolent sans me soupçonner… Et puis, un jour, la corneille raconte qu’elle a entendu au loin quelqu’un qui recommence à pleurer. Guenièvre ! Guenièvre ! Alors là, j’ouvre un œil, je rampe, mangeant la neige, léchant l’eau croupie… et mes ennemis tressaillent, car à me voir boire, ils comprennent que je suis de retour. (Pause) Vous m'faites pas rentrer ? (Ricanement) Magnifique.
Méléagant Le Dernier Recours, Livre V
Tout cela n'est rien. Absolument rien ! Il y a peu de temps quelque chose a fait « Boum ». Voila, nous sommes sur une toute petite miette expulsée par ce boum, qui dérive et tournicote sur elle-même, en attendant sa fin, proche ! Sur cette miette de tous petits organismes gesticulent ; ça nait, ça vit, et ça meurt! Tout cela n'a aucune conséquence.
Méléagant Le dernier jour, Livre V
Méléagant dans Kaamelott
César Imperator dans Kaamelott

César Imperator

Des gamins de partout, plein la chambre. Je sais pas... soixante, quatre-vingt. Des tout petits, de quatre ou cinq ans, et tous ensemble : "Ave votre tranquillité", alors moi comme un con : "Ave les enfants. Alors, ça vous a plu, la visite du palais ? Qu'est-ce que vous avez vu de beau ?" Euh, bref. Je raconte mes conneries habituelles, puis tout d'un coup j'en repère un, sur le devant, un petit mec, avec des mèches en pétard, et un petit paquet dans la main. On aurait dit que, il faisait la gueule. Comment tu t'appelles ? Ptt, pas de réponse. Il est drôlement joli ton paquet. Oh, ni oui ni merde. Tu veux pas me dire ce que c'est ? "C'est un cadeau pour le général", qu'y me fait. Bah vous me croirez ou non, j'ai eu beau lui dire que c'était moi le général, y a pas eu moyen. Alors je l'ai pris tout seul avec moi, ça m'a pris la journée. J'ai montré mon uniforme, je l'ai emmené dans la salle des cartes, j'ai montré des maquettes de bateaux. Un moment il faisait presque nuit, je lui ai dit "écoute, ça va peut-être aller là, non ? Bah, tu vois quand même bien que c'est moi le général, hein, alors tu me donne le paquet pis on n'en parle plus". Il m'a dit "d'accord". C'était des petites meringues, blanches, rondes comme ça. Ah, drôlement bonnes. On les a mangées tous les deux sur la terrasse, sans rien dire. Voilà. Si je devais choisir une journée à revivre, je prendrais celle-là.